Check-list pour un entretien de recrutement inclusif
Sujet : Intégrer l'inclusion au cœur des entretiens de recrutement : méthodes et bonnes pratiques
Par Louna Frugoni, Chargée de recrutement et d'accompagnement chez Urbilog Temps de lecture : 3 minutes
Louna Frugoni, chargée de recrutement et d'accompagnement chez Urbilog, détaille les pratiques essentielles pour mener un entretien de recrutement inclusif : vérifier l'accessibilité du lieu, proposer des aménagements en amont et évaluer uniquement les compétences selon des critères objectifs. Cette démarche méthodique transforme chaque entretien en opportunité concrète de renforcer la marque employeur tout en garantissant l'égalité des chances pour tous les candidats, quelles que soient leurs origines, leur âge, leur genre, leur orientation ou leur situation de handicap.
L'entretien occupe une place clé dans tout recrutement inclusif.
Bien plus qu'un échange de questions-réponses, il permet d'évaluer les compétences et la motivation, et surtout de révéler le potentiel de chaque candidat. En miroir, il offre à la personne reçue l'occasion de vérifier l'adéquation entre le poste, l'environnement de travail et ses besoins.
Le recrutement inclusif consiste à garantir à chaque candidat les mêmes chances d'accès à l'emploi, quelles que soient ses origines, son âge, son genre, sa situation de handicap, son orientation, son vécu ou son apparence. C'est à la fois une exigence légale en France et un pilier de toute démarche d'inclusion sérieuse. Une tendance de fond qui redéfinit les méthodes de recrutement dans le monde du travail, et à laquelle les recruteurs ont tout intérêt à se former.
Ce processus global commence bien avant la publication d'une offre d'emploi : il s'incarne dans le langage utilisé dans les annonces, dans la diversité des canaux de sourcing mobilisés, et dans chaque étape jusqu'à l'intégration des nouveaux collaborateurs. L'entretien en est l'un des moments les plus décisifs.
Mais alors, comment s'assurer que ce moment s'inscrit dans une démarche réellement inclusive ? Voici la check-list.
Avant l'entretien
- Vérifier l'accessibilité du lieu : ascenseur en fonctionnement, rampe d'accès, signalétique lisible, toilettes accessibles, accueil informé.
- Proposer les aménagements en amont : interprète LSF, sous-titrage ou chat en visio, temps de réponse supplémentaire, documents en version accessible (PDF balisé, police lisible, contraste suffisant) afin de s'inscrire dans une véritable démarche d'accessibilité numérique. Anticiper ces besoins, c'est poser les conditions d'un entretien équitable dès le premier contact.
- Préparer le déroulé et une grille d'évaluation commune à tous les candidats afin de limiter au maximum les biais et de structurer l'évaluation autour des compétences attendues pour le poste. Cette grille est l'un des piliers d'une gestion objective des candidatures, indépendamment des fonctions visées et des parcours présentés.
Pendant l'entretien
- Poser le cadre dès le départ : préciser la durée, le format et les étapes. Une approche structurée donne les mêmes chances à tous les profils, qu'ils viennent d'horizons proches ou très différents.
- Employer un langage clair et inclusif : expliciter et reformuler au besoin. Un langage accessible, c'est aussi un signal fort envoyé à des talents qui n'auraient pas soumis leur candidature sans lui, notamment ceux issus d'associations, de parcours d'insertion ou de reconversion, car il participe pleinement à un recrutement inclusif stratégique pour l'entreprise.
- Prendre le temps et pratiquer l'écoute active : laisser des silences, ne pas couper la parole, vérifier la compréhension.
- Évaluer le fond, pas la forme : s'appuyer sur des critères de compétences objectifs, plutôt que sur les diplômes ou la linéarité d'un parcours. Ne pas juger l'éloquence, la posture ou des différences individuelles. La valorisation des compétences réelles, à compétence égale, est au cœur d'un recrutement sans discrimination. C'est aussi ce qui donne tout son sens à la rédaction d'offres d'emploi inclusives en amont, qui ciblent les compétences requises plutôt que les titres.
- Recueillir les besoins d'aménagement, avec ou sans mention de RQTH : demander systématiquement, sans questionner la nature du handicap. Exemple : « Avez-vous des besoins spécifiques ? » (confidentialité rappelée).
- Présenter la Mission Handicap / le référent handicap : indiquer les contacts et le mode d'accompagnement disponible au sein de l'organisation, notamment dans un contexte réglementaire en évolution marqué par la fin des accords agréés et ses impacts sur l'inclusion. C'est un levier concret en faveur de l'inclusion des personnes en situation de handicap en entreprise et de l'intégration durable des collaborateurs.
Après l'entretien
- Clarifier la suite du process : annoncer les délais de réponse et les étapes à venir. Une communication claire sur le processus, c'est du respect en actes.
- Décider sur des critères objectifs : en tenant compte des aménagements envisageables et des possibilités de formation. Un vivier de talents diversifiés ne se construit qu'à cette condition, et c'est un atout réel pour la performance de l'entreprise.
- Rappeler la non-discrimination : la situation de handicap, déclarée ou non, ne peut jamais justifier un refus, ni directement ni indirectement, y compris lorsque les postes concernent des métiers du numérique où l'inclusion par l'accessibilité numérique joue un rôle central. C'est une réalité juridique et une exigence d'équité que chaque recruteur doit avoir en tête à chaque étape de la sélection, en gardant à l'esprit les chiffres clés de l'inclusion des personnes en situation de handicap.
- Donner un feedback utile : même en cas de refus, partager un retour clair et respectueux, structuré. C'est un geste simple, mais déterminant pour la marque employeur, l'expérience candidat et l'image de l'entreprise dans son ensemble.
Un entretien inclusif, c'est bien plus qu'une check-list
Chaque entretien est une occasion d'ouvrir la porte à des talents divers et de prouver un engagement réel. Un entretien inclusif, c'est :
- Installer un climat de confiance et de reconnaissance mutuelle, condition première pour que chaque candidat puisse exprimer pleinement ses compétences et ses idées, quelle que soit la culture dont il est issu.
- Mettre en lumière des compétences et un potentiel parfois invisibilisés par les biais ou des parcours atypiques, issus d'horizons variés. Des profils que ni le CV ni les diplômes ne permettent toujours d'identifier à leur juste valeur, ce qui rend d'autant plus essentielle une sensibilisation au handicap en entreprisecontinue et partagée.
- Renforcer la marque employeur en démontrant, concrètement, votre responsabilité et votre attractivité auprès de l'ensemble des talents disponibles sur le marché. Les entreprises engagées dans une politique inclusive constatent des effets concrets : meilleure coopération, moins de turnover, capacité d'innovation accrue.Elles attirent et fidélisent également des profils, notamment issus des générations Y et Z, qui recherchent des employeurs alignés avec leurs valeurs.
Chez Urbilog, nous sommes convaincus qu'un recrutement véritablement inclusif commence bien avant la signature d'un contrat : il s'incarne dans chaque détail de l'expérience candidat, de la rédaction de l'offre d'emploi jusqu'à l'intégration dans l'équipe.
Depuis plus de 25 ans, nos consultants accompagnent entreprises et partenaires dans la mise en œuvre de pratiques de recrutement inclusif concrètes et humaines, en tenant compte des réalités du terrain et des besoins spécifiques de chaque organisation.
Si, comme nous, vous pensez que l'inclusion est un levier de performance et d'équité, et qu'allier expertise digitale et engagement social fait sens pour vous, alors faisons avancer les choses ensemble.
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Par : Louna Frugoni, Chargée de recrutement et d'accompagnement chez Urbilog